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Les mouvements neurogéniques : quand le corps reprend doucement les commandes

  • Photo du rédacteur: Admin
    Admin
  • 1 août
  • 3 min de lecture


Pendant des années, nous avons appris à gérer notre stress en faisant appel à notre volonté.

Respirer plus lentement.Penser positivement.Se détirer.Se détendre.Se raisonner.

Toutes ces approches ont leur place et peuvent être extrêmement efficaces.

Elles empruntent cependant majoritairement ce que les neurosciences appellent une approche top-down : le cerveau conscient tente d'influencer le corps.

Notre cortex préfrontal, notre réflexion, notre attention volontaire viennent envoyer un message au reste de notre organisme : « Tout va bien, tu peux te calmer. »

Mais lorsqu'un système nerveux est bloqué depuis longtemps dans un état d'alerte, cette stratégie ne suffit pas toujours.

Car le mode survie ne dépend pas principalement de notre volonté.

Il dépend de circuits beaucoup plus anciens.

Quand le corps parle avant le mental

Notre système nerveux possède des voies de communication dans les deux sens.

Les voies efférentes transportent les informations du cerveau vers le corps : elles permettent par exemple de décider volontairement de lever un bras ou de ralentir sa respiration.

Les voies afférentes, elles, font exactement l'inverse : elles remontent en permanence des informations du corps vers le cerveau.

La position de nos articulations.La tension de nos muscles.Le mouvement de notre respiration.Les sensations de notre peau.Les informations provenant de nos fascias, de nos muscles et de nombreux récepteurs sensoriels.

Le cerveau ne cesse d'écouter le corps.

Et il adapte son fonctionnement à ce qu'il reçoit.

Les mouvements neurogéniques utilisent précisément cette immense autoroute d'informations.

Au lieu de demander au cerveau conscient de calmer le corps, ils permettent au corps d'envoyer progressivement de nouvelles informations au cerveau.

C'est ce que l'on appelle une approche bottom-up.

Passer du pilotage manuel au pilote automatique

J'aime utiliser cette image.

Imaginez que vous conduisez une voiture depuis des années en restant constamment concentré sur chaque geste.

Vous surveillez tout.Vous corrigez tout.Vous contrôlez tout.

C'est fatigant.

Les mouvements neurogéniques ressemblent davantage au moment où l'on peut enfin faire confiance au pilote automatique de notre organisme.

Non pas parce que nous abandonnons le contrôle.

Mais parce que nous permettons aux mécanismes naturels de régulation de reprendre progressivement leur place.

Le corps possède depuis toujours des programmes automatiques destinés à retrouver l'équilibre après une activation importante.

Chez les animaux, ces réponses apparaissent spontanément après une menace.

Chez l'être humain, elles sont parfois inhibées, retenues ou interrompues par des années de stress chronique, de contraintes ou d'insécurité.

Créer un environnement suffisamment sécurisant permet parfois à ces mécanismes naturels de réapparaître.

Pourquoi cela peut être si intéressant ?

Les mouvements neurogéniques ne cherchent pas à forcer un résultat.

Ils ne consistent pas à "faire trembler".

Ils proposent un contexte dans lequel le système nerveux peut explorer d'autres possibilités que la protection permanente.

Au fil de la pratique, certaines personnes observent notamment :

  • une diminution de la tension musculaire chronique ;

  • une sensation d'apaisement plus profonde ;

  • une meilleure conscience corporelle ;

  • une respiration plus libre ;

  • une récupération plus rapide après le stress ;

  • une impression d'être davantage "chez soi" dans son corps.

Ces effets ne sont ni automatiques ni identiques pour tout le monde.

Ils dépendent du rythme de chacun, de son histoire et surtout de la qualité du cadre dans lequel la pratique est proposée.

Ce n'est pas le mouvement qui soigne

C'est probablement l'idée la plus importante.

Le véritable objectif n'est pas de produire un tremblement.

Le véritable objectif est de permettre au système nerveux de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.

Le mouvement n'est qu'un langage.

La sécurité est le message.

Et lorsque le corps retrouve suffisamment de sécurité, il recommence souvent à faire ce qu'il sait faire depuis toujours : s'adapter, récupérer et retrouver davantage de souplesse, aussi bien physique qu'émotionnelle.

 
 
 

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