Quand la peur rencontre la connexion : une leçon de co-régulation à 10 000 mètres d’altitude
- Admin
- 2 janv.
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Mon retour d’Afrique du Sud ne s’est pas déroulé comme prévu.
Peu après le décollage, le pilote annonce une défaillance technique : les portes du train d’atterrissage ne se sont pas refermées correctement. Nous devons faire demi-tour en urgence, faire un largage de carburant en plein vol, turbulences à venir.
Autant de mots qui, pour une personne déjà anxieuse en avion, résonnent comme une alerte maximale.
Très vite, mon corps réagit. Poitrine serrée. Respiration courte. Hypervigilance. Ce sentiment viscéral de ne plus être en sécurité.
Mon système nerveux était clairement en mode survie.
Et pourtant, au cœur même de cette peur, autre chose s’est invité.
La connexion.
La personne assise à côté de moi était tout aussi inquiète. Sans y réfléchir, nous avons fait ce que les êtres humains font instinctivement face au danger depuis toujours : nous nous sommes tournés l’un vers l’autre. Nous avons parlé. Respiré ensemble. Et nos mains se sont trouvées.
Rien n’a changé à l’extérieur. L’avion restait défaillant, les secousses bien réelles, l’incertitude toujours là. Mais à l’intérieur, quelque chose s’est apaisé.
C’est ça, la puissance de la co-régulation.
En très peu de temps, j’ai pu observer mon système nerveux traverser différents états : la peur, la tension, parfois la panique… puis, par vagues, des moments de relâchement, d’ancrage, de retour à un peu plus de calme. Non pas parce que le danger avait disparu, mais parce que je n’étais plus seule.
Nos systèmes nerveux ne sont pas faits pour affronter la menace isolément.
La sécurité ne se crée pas uniquement par les circonstances ; elle naît aussi dans la relation. Dans un regard. Une présence. Un contact. Une main tenue.
Ce qui m’a profondément touchée, c’est cette humanité à l’œuvre. Des inconnus qui se soutiennent. Des gestes simples, spontanés. Une intelligence collective silencieuse, non pas pour “réparer” la situation, mais pour la traverser ensemble.
Je ressens une immense gratitude pour les personnes assises à mes côtés. Pour cette présence offerte au moment où j’en avais le plus besoin. Et pour avoir pu, moi aussi, être un point d’appui quand l’autre vacillait.
Cette expérience m’a rappelé que la régulation ne passe pas toujours par des techniques ou des outils sophistiqués.
Parfois, elle naît de gestes infiniment simples : se tenir la main, respirer ensemble, sentir qu’un autre système nerveux nous murmure « tu n’es pas seule ».
Merci à ces inconnus devenus des ancrages, le temps d’un vol.Merci au corps et à sa sagesse.
Et merci à ce rappel puissant : la connexion n’est pas un luxe. Elle est vitale.




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