Quand le corps cherche à terminer ce qui est resté en suspens
- Admin
- 1 déc. 2025
- 1 min de lecture

Il existe, au creux du corps, un mouvement ancien.Un geste inachevé, une impulsion retenue, un souffle arrêté trop tôt.
Peter Levine l’appelle l’action interrompue — cet élan que notre organisme avait commencé à déployer pour se protéger, se sauver, se défendre… mais que l’évènement traumatique a figé avant son terme.
Dans ces instants où tout bascule, le corps prépare son évasion :une main qui voulait repousser, des jambes prêtes à courir, un cri sur le bord des lèvres, un arc musculaire tendu vers la sortie, vers la sécurité.
Puis le monde s’est fait trop rapide, trop intense.
Et l’onde de survie est restée bloquée dans les tissus, comme une phrase que l’on n’a jamais pu terminer.
Alors, des années plus tard, dans le silence d’une séance de TRE, dans les tremblements qui s’éveillent doucement depuis le bassin, dans ces vibrations qui montent comme une marée ancienne, le corps retrouve le fil perdu.
Il se souvient.
Il recommence.
Il poursuit ce geste suspendu dans le temps, non pas pour revivre le passé, mais pour le traverser enfin.
Un bras qui se libère.
Une jambe qui pousse la terre avec détermination.
Un dos qui ondule comme pour se dégager.
Une respiration qui prend soudain toute la place qu’elle mérite.
C’est le corps qui termine ce qu’il n’avait pas pu achever.
C’est la vie qui reprend son mouvement là où elle avait été arrêtée.
Et dans cette lente complétude somatique, quelque chose se réorganise.
Un espace se rouvre.
Un possible revient.
Le passé cesse d’être une tension figée, et redevient un courant qui peut enfin s’écouler.
.png)



Commentaires